Artémia un fossile vivant

Artemia est un petit crustacé primitif inchangé depuis plus de 300 millions d'années. C'est ce qu'on appelle un fossile vivant. Pour survivre à la concurrence et à ses prédateurs il s'est adapté aussi bien à des milieux hypersalés que d'eau légèrement saumâtre C'est ainsi qu'il peut vivre dans des eaux de salinité de 4 pour mille à 230 pour mille. L'eau de mer a une salinité d'environ 35 pour mille. Toutefois on ne trouve pas Artémia dans les mers ou océans car il ne pourrait y survivre en raisons de nombreux prédateurs potentiels. Il n'est donc rencontré que dans divers biotopes de "refuge" comme les lacs salés et les marais salants. Ce crustacé est présent dans les cinq continents. On explique cette présence soit par l'intervention de l'homme, soit par la dissimination des "oeufs" collés aux pattes et au plumage des oiseaux migrateurs. Ce transport aérien avec des "oeufs" restant viables est possible parce que les "oeufs" sont en réalité des cystes. C'est à dire qu'après avoir été déhydratés naturellement sur les berges, les cystes dit en diapause et remis dans un milieu salin se réhydrateront pour donner naissance à des nauplii (larves d'artémias). N'est-ce pas une extraordinaire adaptation de ce crustacé?  Mais ce n'est pas tout ! Artémia a encore la possibilité de se reproduire par ovovivarité. C'est à dire de donner naissance directement à partir de l'oviducte de la femelle. De plus les femelles peuvent être parthénogétiques. C'est à dire être fertiles sans l'insimination par le male. Auquel cas elles ne produisent que des femelles.



Note sur la légende des espèces spécifiquement parthénogénétiques :
Les avis varient à ce sujet. Il n'a pas été encore prouvé si cette capacité de l'Artémia était applicable à toutes les "variétés" ou bien si cette capacité était spécifique à certaines "espèces" d'artémias. Autrement dit il y aurait des espèces exclusivement parthénogenétiques et des espèces qui se reproduiraient en mode sexué et/ou asexué. Mes expérimentations en laboratoire infirment cette assertion. J'ai constaté qu'en éliminant tous les mâles d'une petite colonie d'artémias et ceci avant la maturité sexuelle, les femelles se reproduisaient. Toutefois elles ne donnaient alors que des femelles ( parténogénèse thélytoque ). Dire qu'il y aurait des espèces exclusivement parthénogenétiques et d'autres se reproduisant en mode sexué et/ou asexué est une affirmation non-prouvée que l'on relève pourtant dans la littérature la plus sérieuse. Cette légende remonte aux premières études de naturalistes français dans les années 1870 qui n'avaient observé dans les salines du sud de la France que des femelles. 
Une hypothèse serait que le hasard de la dissimination a fait qu'en certains habitats il n'y a eu que l'importation de cystes femelles et que par conséquent la reproduction, faute de males, s'est faite en mode asexué. Ou bien que dans un habitat donné, en début de colonisation, tous les males ont disparus car ceux-ci sont beaucoup plus fragiles que les femelles aux facteurs toxiques. Pour étayer cette hypothèse ce sont dans les habitats polués que l'on trouve des "espèces" se reproduisant en mode asexué. De plus une "espèce" de femelles considérée comme parthénogénique peut parfaitement se reproduire à nouveau en mode sexué si en laboratoire il est introduit des mâles. Il y alors production de males et de femelles. On obtient alors une variété hybride non stérile. D'un point de vue génétique lorsqu'il y a possibilité d'hybridation non stérile, il est inadéquat de parler d'espèces. Le terme variété ou race devrait plutôt être utilisé.
Les études comparatives sur les génomes d'une espèce parthénogenétique d'Espagne laisse penser qu'il n'y pas de différences claires entre espèces à reproduction asexuée et sexuée (J Mol Evol. 1994 Feb)*

Il y a d'autres légendes concernant Artémia. Comme la composition optimum de son milieu variant selon son origine géographique. Dans le milieu optimum que j'ai étudié en 1974, je n'ai pas observé de différences de croissance et de reproduction pour des artémias issus de différents lieux géographiques (voir brevet invention). Comme aussi l'affirmation que la lumière serait nécessaire pour certaines "espèces" pour favoriser l'éclosion des cystes et ne le seraient pas pour d'autres. En plus de trente ans d'études expérimentales sur Artémia je n'ai jamais constaté ce phénomène. Je suis preneur de tout protocole exhaustif expérimental qui me contradirait sur ces divers points .

* Reférence :
J Mol Evol. 1994 Feb, Speciation in the Artemia genus: mitochondrial DNA analysis of bisexual and parthenogenetic brine shrimps, Departamento de Bioquimica, Facultad de Medicina de La Universidad Autonoma de Madrid, Spain.

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