| Introduction
L'élevage des artémias est normalement réservé
aux professionnels produisant des nourritures vivantes. Beaucoup entendent
par l'élevage d'artémias l'obtention de nauplii dans de l'eau
salée à partir de cystes (oeufs) d'artémias. Ces nauplii
servent à nourrir les alevins. Pour les poissons adultes, les nauplii
de très petites tailles ne sont pas adaptées. Ce que j'entend
par élevage c'est le processus complet qui permet d'obtenir des
artémias adultes avec la possibilité, si les conditions du
milieu sont maintenues favorables, d'assurer aussi une reproduction ovovivipare.
L'artémia adulte une nourriture vivifiante
Dans les animaleries il est parfois fourni des artémias adultes
mais ceux-ci restent onéreux et la disponibilité régulière
n'est pas toujours assurée. (exemple de prix : 1,30 € pour
une centaine d'individus).
L'artémia adulte convient à tous les poissons carnivores
et omnivores. C'est à dire à la majorité des poissons
tropicaux d'aquarium tant d'eau douce que d'eau de mer. De plus l'avantage
d'un élevage complet d'artémias est que vous disposez d'artémias
de toutes tailles compatibles aux besoins de tous vos hôtes. Pour
certains poissons comme les hippocampes c'est une des seules possibilités
de les nourrir correctement et donc de les maintenir en bonne santé.
Peu de recherches sur l'élevage destiné à l'aquariophilie
Il y a beaucoup de recettes d'indiquées dans les écrits
relatifs à l'aquariophilie pour cet élevage mais aucune,
à ma connaissance, ne me semblent vraiment efficace. C'est pourquoi
est publié ici un condensé de cette méthode éprouvée.
Dans la littérature scientifique, on retrouve aussi quelques contre-vérités.
Cela provient du fait qu'aucune recherche sérieusement financée
n'a été initiée dans ce domaine. En effet l'obtention
d'artémias adultes ne s'avère pas économiquement rentable
pour
les applications de l'aquaculture. En ce qui me concerne, j'avais besoin
d'étudier les conditions optimum de l'élevage de l'Artémia
pour mettre au point un outil de biodétection de divers toxiques
dans l'eau potable et des denrées alimentaires. Ces recherches,
car économiquement rentables dans leurs applications de la protection
civile, ont permis de mettre parallèlement au point divers procédés
artisanaux de l'élevage de l'artémia. Seul le marché
limité de l'aquariophilie pour la fourniture de proies vivantes
est susceptible d'en être un petit créneau. Par contre pour
l'aquariophile qui désire disposer d'une réserve de nourriture
vivante de très grande qualité, l'élevage de l'artémia
devient très séduisant à condition de disposer d'une
méthode simple et fiable à mettre en oeuvre.
L'élevage intensif demande peu de place
Les principes de l'élevage de l'artémia sont en effet
simples à mettre en oeuvre y compris pour un aquariophile débutant.
Maîtriser cet élevage qui demande peu de dépenses et
peu de place est très formateur et passionnant en lui même.
Quelle satisfaction de voir grandir si vite à raison d'un mm en
moyenne par jour vos petits crustacés. Leur vélocité
à se déplacer et leur vitesse de croissance exceptionnelle
sont les preuves qu'ils sont élevés dans un milieu sain et
approprié.
Les conditions pour un élevage productif
J'ai expérimenté méthodiquement différentes
méthodes d'élevage d'artémias en me basant sur la
littérature et sur mes innovations. Ma conclusion est qu'il y a
plusieurs conditions essentielles mais faciles à dominer pour obtenir
un élevage à forte productivité :
-
Une nourriture vivante et adaptée qui peut être complétée
par une nourriture de substitution
-
Un éclairage permanent de 3000 lux au moins
-
Une nourriture disponible en permanence et selon une concentration qui
ne soit pas en dessous d'un certain seuil
-
Un milieu sain sans fermentation bactérienne et renouvelé
régulièrement
-
Un milieu à base d'eau de mer naturelle
ou à défaut synthétique si de qualité
-
Des conditions physico-chimiques appropriées de l'eau telles que
pH (acidité, alcalinité), salinité, température,
oxygénation, éclairage
-
Une absence totale d'éléments toxiques dans le milieu d'élevage
telles qu'herbicides, pesticides, métaux lourds, hydrocarbures.
Il est à noter que les eaux de conduite considérées
comme potables ont des traces de ces produits toxiques et ne peuvent convenir
à fabriquer l'eau de mer ou à compenser l'évaporation,
à notre époque de pollution généralisée,
que très rarement.
-
Une concentration de la population d'artémias qui soit en équilibre
par rapport aux capacités du milieu à produire la nourriture
vivante (phytoplancton).
La nourriture préférée de l'artémia
Dans la nature l'artémia dispose de plusieurs sortes de nourritures.
Sa vitalité et sa vitesse de croissance sont conditionnées
par les qualités nutritives de celles-ci et leurs disponibilités.
Si le milieu est pauvre en nourriture, l'artémia se développera
lentement. Il pourra mettre plus de 20 jours pour atteindre le stade adulte.
C'est ainsi que si la nourrituredont
il dispose n'est constituée que de déchets ou de bactéries
sa croissance sera lente et une forte mortalité sera observée.
Le phytoplancton la meilleure nourriture
La meilleure nourriture pour l'artémia est le phytoplancton.
Le phytoplancton est constitué d'algues microscopiques. Il y a des
milliers d'espèces de phytoplancton. Seules quelques espèces
ont été testées pour nourrir l'Artémia. Dunaliella
salina est la souche de phytoplancton la plus utilisée dans
les laboratoires de recherche car cette espèce est relativement
facile à cultiver et est une nourriture considérée
de bonne qualité mais qui ne permet pas toutefois une croissance
optimum de l'Artemia. Cette algue, très commune, a son habitat dans
les marais salants, les lacs hypersalés (y compris la Mer morte).
Elle peut prendre la couleur rouge en cas de milieu en hyper-salinité
et colorer ainsi très intensément les artémies. J'ai
constaté que les Artémias nourris avec cette algue se déplacaient
sans vivacité conformément aux premières observations
dans la nature des naturalistes du 17 siècle intrigués par
la couleur rouge que prenaient parfois certains marais salants.
Où se procurer une bonne souche de phytoplancton?
Il est courant de penser dans les milieux de l'aquariophilie que n'importe
qu'elle souche de phytoplancton puisse convenir. Qu'il suffit d'obtenir
une "eau verte" à partir d'eau de mer naturelle ou de son aquarium
d'eau de mer. C'est faux ! De même que pour les plantes supérieures
il y a des espèces comestibles, d'autres qui ne sont pas et d'autres
qui peuvent être toxiques le phytoplancton obtenu ainsi n'est pas
forcément le bon pour l'artémia. L'espèce Dunaliella
salina est par exemple une micro-algue qui convient moyennement bien à
l'Artémia selon mes essais (20 jours pour atteindre le stade adulte).
Il existe d'autres espèces de phytoplancton plus ou moins favorable
à l'Artémia. D'autres comme Anabaena sont toxiques.
Une souche de départ de Dunaliella
salina peut être transmise par certaines universités
qui disposent d'une banque de souches de phytoplancton pour leurs recherches
en microbiologie marine. Cette fourniture n'est pas gratuite en raison
des frais élevés de maintenance des souches isolées
de micro-algues.
L'étonnante souche de phytoplancton BZH
Pour ma part j'utilise une souche de phytoplancton, découverte
un peu par hasard, lors de mes balades d'observations des algues et de
la faune de la cote bretonne. Cette espèce, non répertoriée
à ma connaissance, s'avère plus efficace pour l'élevage
de l'artémia que la souche Dunaliella.
Je conserve cette souche depuis 1973. Elle est particulièrement
résistante car elle s'adapte à des conditions physico-chimiques
très variables comme notamment une salinité élevée
(plus de 50g/l), des compositions des sels du milieu différentes
de l'eau de mer. Cette souche sera baptisée Phyto-BZH
en raison de l'origine bretonne de sa découverte.
Le milieu de culture et d'élevage
On entend par milieu de culture et d’élevage un milieu d’eau
de mer naturelle ou synthétique enrichi par des nutriments favorisant
la croissance du phytoplancton.
Le phytoplancton BZH est constitué de différentes
espèces d’algues microscopiques qui ont été sélectionnées
parce que favorables à Artémia. Il constitue une nourriture
complète, équilibrée et vitaminée qui donnera
vigueur et croissance rapide à vos artémias.
Mais ce phytoplancton a besoin pour se cultiver de différents éléments
de fertilisation qui doivent être ajoutés à l'eau de
mer.
La méthode choisie est 100 % de qualité
culture biologique. Tous les éléments d’enrichissement de
l’eau de mer sont d’origine organique naturelle et marine.
La culture du Phyto-BZH et élevage des artémias
La méthode dite ouverte
Elle peut se faire dans différents récipients éclairés
en permanence et remplis d'eau de mer enrichie par un nutriment de préférence
naturel. Une aération du milieu par une pompe à air d'aquarium
est conseillée pour homogénéiser le milieu.
L'aquariophile peut cultiver le phyto-BZH dans des flacons, par exemple
d'un litre, éclairés par une rampe lumineuse. La culture
est organisée de manière tournante. Le flacon arrivé
en premier à sa concentration maximum en phytoplancton est destiné
au bac d'élevage des artémias. Le bac à artémias
se voit retiré le même volume de milieu à l'occasion
de la récolte d'artémias. Avec 7 flacons d'un litre, il est
possible d'alimenter quotidiennement un bac à artémias de
10 à 15 litres. Cette méthode a le mérite de bien
dominer la production de phytoplancton mais a l'inconvénient d'être
lourde à mettre en oeuvre et est dépensière en milieu
neuf (1 litre par jour en phase de vitesse de croisière).
La méthode semi-continue
Une autre méthode est de disposer d'un bac de 20 litres qui
sera destiné à la production en continue du phyto-BZH. Au
fur et à mesure des besoins en nourriture de la colonie d'artémias,
une partie de l'eau de ce bac y sera puisée et mise dans le bac
d'élevage des artémias. Cette méthode est simple à
mettre en oeuvre. La gestion de la production de phytoplancton ne demande
pas une intervention quotidienne.
A gauche bac d'élevage des artémias, à
droite bac de culture du phytoplancton BZH
Principe de la méthode semi-continue :
-
Le bac de 20 litres sert de réserve et de production de culture
du phytoplancton BZH pour nourrir les artémias.
-
Le bac de 10 litres sert de bac d'élevage mais permet aussi la croissance
du phytoplancton. Le phytoplancton purifie le milieu en absorbant notamment
l'ammoniaque émise par le métabolisme des artémias.
-
Lorsque un déséquilibre est atteint du fait d'une population
trop importante d'artémias, il faut retirer au maximum la moitié
de cette population et ré-alimenter le bac d'élevage par
de l'eau verte retirée du bac de réserve. Le bac à
phytoplancton retrouve en 12 heures environ sa bioconcentration initiale.
-
Le bac à phytoplancton reçoit de l'eau de mer neuve. Cette
eau de mer neuve est enrichie en nutriments selon le dosage indiqué
dans ma notice.
Avec un peu d'expérience
vous obtenez ainsi une production d'artémias régulière
suffisante pour nourrir tous les jours 3 à 4 poissons de taille
moyenne. Si par période vous obtenez trop d'artémias vous
pouvez les mettre en réserve dans un autre bac bien aéré
par un diffuseur et nourrir ceux-ci avec Phyto-HWI.
Je peux vous expédier la notice d'élevage, une souche
de phytoplancton BZH ainsi que les nutriments pour sa culture moyennant
une participation aux frais de production et d'expédition. Votre
participation sera entièrement offerte à l'Association Bretagne
Solidarité pour la soutenir dans sa recherche consacrée à
la lutte contre la malnutrition enfantine. Cette recherche concerne la
culture de la Spiruline en eau de mer naturelle dans le cadre du développement
durable. Un autre projet concerne la mise au point d'un distillateur solaire
d'eau de mer pour les populations qui en bordure de mer manquent d'eau
douce et/ou potable.
Formulaires
de demande du kit d'élevage |