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Sommaire
Q1-
Qu'est-ce qu'une personne intersexuée ?
Q2
- Peut-on définir la frontière biologique entre sexe masculin
et féminin ?
Q3
- Est-ce que les intersexués sont des transsexuels ?
Q4
- Pourquoi alors que vous affirmez que la "normalisation" des enfants intersexués
est un crime contre l'humanité, les organisations et commissions
officielles de défense des droits de l'Homme ne dénoncent
pas avec vous ces crimes aussi graves?
Q5
- Quelles sont les orientations sexuelles des intersexués ?
Q6
- Quelle est la situation actuelle (notamment législative et administrative)
lorsqu'un enfant naît intersexué ? Que peuvent faire les parents
avant l'éventuelle mutilation ? Qu'est-ce qui dépend d'eux
et qu'est-ce qui est imposé ?
Q7
- Quels sont vos atouts pour sensibiliser le monde médical de la
vieille Europe?
Q8
- Est-ce que les intersexués feraient partie de ce que certains
groupes et les médias appellent le troisième sexe ?
Voir
aussi FAQ de L'OII et d'Intersex Initiative
|
FAQ
(Foire Aux Questions)
Q1
- Qu'est-ce qu'une personne intersexuée ?
Une personne intersexuée
présente une morphologie sexuelle extérieure et/ou interne
qui appartient aux deux sexes officiels. Les anciens mots utilisés
étaient hermaphrodisme, pseudo-hermaphrodisme, androgynisme, etc.
Il existe une grande variabilité de cas d'intersexuation. C'est
pourquoi le terme intersexué convient mieux car il concerne toutes
les variations.
L'intersexuation
n'est pas aussi rare qu'il est dit et existe chez un grand nombre
de personnes lorsqu'elle est minime. Une intersexuation forte peut être
visible dès la naissance ou parfois bien plus tard, notamment à
l'adolescence. Les cas relativement prononcés sont traités
par la médecine et sont considérés comme des anomalies
qui sont "rectifiées" par la chirurgie et le traitement hormonal.
RIFE
ainsi que toutes les associations d'intersexués du monde sont contre
ces pratiques dites médicales qui violent les droits fondamentaux
de la personne humaine.
Page reliée : Contre
toutes les mutilations génitales
Voyez par exemple les variations
de l'intelligence dans une population. Vous aurez une très grande
majorité de personnes dont l'intelligence est moyenne, un très
faible nombre de personnes à l'intelligence très faible et
d'autres très peu nombreux extrêmement intelligents. Aucune
de ces personnes aux intelligences faibles ou au contraire très
grandes n'est anormale. La nature est ainsi faite qu'il y a des variabilités
entre les individus. Il ne viendrait à un médecin l'idée
(à moins d'être un médecin nazi!) de rectifier les
intelligences inférieures et supérieures pour les ramener
à l'intelligence constatée du plus grand nombre. C'est pourtant
avec cette approche aberrante que sont "normalisés" les enfants
intersexués. La société les traite comme des monstres
et des objets de curiosité médicale exposés dans les
amphithéâtres d'étudiants alors qu'ils sont au contraire
l'expression naturelle de la richesse de la variété biologique
qu'on prétend par ailleurs préserver pour les plantes et
les animaux. C'est parce que nous sommes dans une société
qui culturellement a comme dogme de nier les lois de la nature s'appliquant
à l'être humain qu'il est procédé ainsi.
D'autres sociétés n'avaient pas ce concept purement culturel.
Curieusement ces sociétés étaient matriarcales et
pacifiques.
Exemple : Le troisième sexe chez les Inuits. Bernard
Saladin d'Anglure, Anthropologue, université Laval, Canada. RIFE
n'est toutefois pas d'accord avec ce titre "troisième sexe"
- Voir pourquoi en Q8
Pour le monde médical
nous, intersexués, sommes atteints d'un syndrome. Nous leur répondons
que vous médecins de la vieille école majoritairement constitués
de mâles vous êtes victimes du Syndrome
Obscurantiste Sexiste (SOS) accompagné d'une psychopathie
dénommée clitéromanie.
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Q2
- Peut-on définir la frontière biologique entre sexe masculin
et féminin ?
Chacun d'entre nous a des aspects
secondaires qui appartiennent aux deux sexes de manière plus ou
moins prononcée, d'autres plus rarement ont aussi des organes génitaux
du sexe dit opposé. Une femme totalement féminine serait
une caricature. Elle ressemblerait à un bébé. Un homme
totalement masculin aurait l'aspect d'un singe. Il aurait les arcades sourcilières
très marquées et serait poilu sur tout le corps, une fourrure
(ce cas existe): Syndrome de Sensibilité aux
Androgènes Complète (SSAC). Vous remarquerez par vous
même qu'il y a de nombreuses femmes d'aspect un peu masculin ainsi
que des hommes que l'on détecte comme efféminés. Toutes
les nuances existent comme les couleurs de l'arc en ciel. Les
intersexués sont comme les autres personnes pas plus anormales qu'un
homme très poilu. Leur intersexuation est simplement plus marquée
que la majorité.
Ceci étant dans le cadre
de nos connaissances actuelles, il existe en principe une différence
génétique entre hommes et femmes mais seulement en tendances
de fond. Les hommes ont généralement deux chromosomes différents.
Un Y et un X (XY). Les femmes généralement ont deux chromosomes
identiques X (XX). Il existe des exceptions chromosomiques à ces
tendances comme par exemples des hommes XXY et des femmes XY. Très
schématiquement, l'embryon reste totalement féminin jusqu'à
la huitième semaine de son développement. Puis le foetus
XX sera faiblement virilisé et restera une fille. Le foetus
XY sous l'effet des hormones masculines majoritaires sera davantage virilisé.
Les organes génitaux féminins du départ seront transformés
en organes masculins. Toutefois la similitude entre les organes féminins
et masculins demeureront. Par exemple le gland du pénis est exactement
la transformation du clitoris visible à l'extérieur. En interne
le clitoris a en moyenne une longueur de 8 cm. La
verge est constituée par les grandes lèvres de la vulve initiale
qui se sont soudées. Regardez votre pénis. Ce pénis
conserve la trace de l'organe féminin. Vous remarquerez une sorte
de soudure tout le long de sa partie antérieure. Elle est la trace
du sexe féminin dont les lèvres se sont soudées. Cette
soudure appelée raphé est plus moins prononcée. Si
le raphé est un peu boursouflé, très visible c'est
une indication d'un taux important d'hormones féminines dans l'organisme.
Elle peut même n'être pas totalement refermée, se situer
de la zone périnéal (féminisation partielle maintenue)
jusqu'à la zone balanique du gland (masculinisation presque complète).
En médecine le terme utilisé pour une soudure incomplète
est hypospadias. Elles sont classées en hypospadias périnéal,
scrotal, pénoscrotal, pénien proximal, pénien moyen,
pénien distal, balanopréputial et afin balanique. Si l'emplacement
du méat urinaire est placé très bas (hypospadias périnéal,
scrotal et pénoscrotal), ces garçon-filles devront uriner
assis. La société patriarcale ne pouvant supporter que
des garçons urinent comme des filles interviendra par des chirurgies
de "normalisation" à répétition, extrèmement
douloureuses pour l'enfant. Ces chirurgies seront pratiquées pendant
plusieurs années. Le traumatisme du patient durera toute sa vie
accompagné de séquelles des fonctions urinaires. Des témoignages
bouleversants ont été recueillis par la commission des droits
humains de San Francisco auprès d'adultes victimes de ces pratiques
inhumaines subies lors de l'enfance. Tous affirment qu'ils auraient préférés
gardés leur état d'intersexuation naturel de naissance.
Par cet exemple limitatif concernant
l'hypospadias on voit que la masculinisation du garçon est plus
au moins achevée selon la sensibilité des récepteurs
aux hormones masculines. Cette
sensibilité est par ailleurs génétique. Elle varie
d'un individu à l'autre, d'une ethnie à l'autre. Les cas
d'intersexuation sont plus nombreux chez les asiatiques ou les personnes
d'origine celtique qui se sont mélangées aux anciens peuples
du néolithique (si vous avez un groupe sanguin 0-, vous avez une
forte probalité d'être héritier de gènes des
peuples du néolithique - c'est le cas de l'auteure de ce texte).
La virilisation sous l'effet des
hormones continuera toute la vie. Pour les femmes une légère
masculinisation apparaîtra à partir de la ménopause.
Dans le cas très rare (1/20'000)
où il y a une insensibilité presque totale aux hormones masculines,
malgré un sexe "masculin" génétique XY, sera obtenue
une personne aux organes féminins complets parfaitement apte
à être fécondée, en bonne santé et
tout à fait normale.
En conclusion, en l'état
actuel de nos connaissances, il n'est pas possible de constater de différences
absolues entre personnes dites de sexes différents puisque même
le caryotype XY ne suffit pas à définir, sans aucune exception,
le sexe conventionnel obtenu. Et quand une règle a une exception
ce n'est plus une règle d'un point de vue scientifique. Les différences
ne sont que statistiques avec bien entendu une fréquence élevée
de personne ayant les phénotypes féminins et masculins conventionnels
selon leurs caryotypes féminin XX ou "masculin" XY. La sexe de l'être
humain comme pour les autres mammifères est de base
féminine et le masculin n'est qu'une excroissance du féminin
vers toute une gamme de nuances.
En laboratoire, il est facile de
démontrer que le mammifère a une base féminine. Si
un embryon de souris au cariotype XY reçoit au cours de son développement
des molécules inhibant les hormones masculines est obtenu une souris
femelle parfaitement normale et fertile. On peut même obtenir des
souris plus ou moins intersexuées selon les dosages d'inhibition
des hormones masculines. Non Eve n'est pas née d'Adam. C'est l'inverse.
Les phénotypes féminins
et masculins se répartissent en deux gaussiennes jointives
F = aspect
féminin - M = aspect masculin - IF = intersexuation féminine
- IF = intersexuation masculine
Au milieu du schéma se trouvent
les personnes fortement intersexuées qui posent problème
à notre société actuelle pour les assigner à
l'un ou l'autre des deux sexes officiels.
Comme le montre les courbes, les
deux tendances de fond restent les deux sexes officiels hommes et femmes
mais là aussi avec des répartitions en degrés de masculinisation
pour le féminin et en degrés de féminisation pour
le masculin. Chacun d'entre nous est donc un intersexué qui s'ignore.
Selon les aspects morphologiques,
il n'y a pas que deux sexes. Il n'y a que des degrés, sans frontière
absolue un peu comme de l'eau (le féminin pur qui n'existe pas)
à laquelle serait ajouté du sel en plus ou moins grande quantité.
Le sexe de l'être humain est du féminin auquel est ajouté
du masculin. De plus chacun d'entre nous a selon son éducation son
vécu personnel, la société dans laquelle il vit, une
psychologie qui peut être plus au moins dite masculine ou dite féminine.
Mais ici, il ne s'agit plus de sexe biologique mais de genre. Et pour les
genres il y a aussi toutes les nuances.
Logiquement il ne devrait pas y
avoir d'indication du sexe à l'état civil. Sinon pourquoi
pas l'indication de la taille des pieds ou la race! |
Voir
aussi : "La femme est l'avenir de l'homme"
Pour en savoir plus :
- David Bainbridge, généticien,
The X in Sex, Harvard University Press, 2003.
- Steve Jones, généticien,
Y, The Descent of Men, Little-Brown, Londres, 2002.
- Brian Sykes, généticien
à l'université d'Oxford, La Malédiction d'Adam: un
futur sans hommes, Albin Michel, 2004.
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Q3
- Est-ce que les intersexués sont des transsexuels ?
Comme le nom l'indique, les intersexués
sont des personnes qui se situent entre les deux sexes officiels. Ils sont
naturellement plus ou moins masculins ou féminins. Cet état
d'intersexualité est génétique. Il n'a pas été
choisi, pas plus qu'est choisi la couleur des yeux. Les transsexuels sont
des personnes qui psychologiquement se sentent appartenir à un sexe
différent de celui de leur sexe de l'état civil malgré
leur morphologie en adéquation avec leur sexe officiel. Ils veulent
se transformer dans leur apparence, leur façon de parler, de s'habiller
pour transiter vers le sexe dit opposé auquel ils désirent
appartenir. Ils font souvent appel à la médecine pour transformer
leur corps par la chirurgie et les traitements hormonaux. Cette décision
leur appartient en tant qu'adulte.
Les personnes intersexuées
peuvent avoir subi un traitement identique dès leur jeune âge
afin de les transsexualiser de force. C'est une différence essentielle.
En résumé une personne
intersexuée a un état naturel morphologique qui se situe
entre les deux sexes officiels alors que la personne transsexuelle n'a
pas en général les attributs du sexe vers lequel elle désire
transiter. Par ailleurs une personne intersexuée, en général,
ne transite pas. Elle est ce qu'elle est!
Ce qui ajoute à la confusion
des esprits est que depuis 2002 en Europe, des associations
de transsexuels se servent du cas des intersexués comme argument
supplémentaire à leur propre cause, se disant eux-mêmes
intersexués psychiques, nous faisant assimiler ainsi à un
sous-groupe de transsexuels. Le grand public et les autorités
auront donc tendance à considérer les intersexués
comme une nouvelle espèce de transsexuels. C'est pourquoi RIFE
qui n'agit que pour la cause des intersexués avec des intersexués,
leurs amis et parents espère diminuer cette confusion entre intersexués
et transsexuels car elle brouille les efforts de nos organisations pour
obtenir des lois nationales et internationales qui protègent les
enfants et adultes intersexués sans qu'il soit nécessaire
de nous assimiler à des transsexuels que nous ne sommes pas.
Un autre lien indirect existe
entre les intersexués et les transsexuels. Les transsexuels ont
bénéficié de l'expérience acquise en chirurgie
pour "normaliser" les intersexués. Ces techniques ont pu ensuite
être appliquées sur des personnes adultes désirant
changer de sexe. En effet il y avait matière à se faire la
main car les intersexués sont bien plus nombreux que les transsexuels.
Il
y aurait 40 fois plus d'intersexués que de transsexuels. Les expériences
faites de réassignation de sexe sur ces malheureux enfants commencées
il y a 50 ans profitent maintenant aux transsexuels. Il faut ajouter que
les techniques de réassignations ou de "normalisation" de sexe sur
les enfants sont issues du résultat des expérimentations
faites dans les camps de concentration des nazis.
Voir aussi : La
Loi australienne fait la différence entre intersexués et
transsexuels
Voir aussi : Nous
sommes solidaires des personnes intersexuées transsexuelles
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Q4
- Pourquoi alors que vous affirmez que la "normalisation" des enfants intersexués
est un crime contre l'humanité, les organisations et commissions
officielles de défense des droits de l'Homme ne dénoncent
pas avec vous ces crimes aussi graves?
Ce n'est pas
tout à fait vrai depuis l'année 2005. Le 28 avril 2005 la
commission des droits humains de la ville de San Francisco (USA) a publié
un très long rapport sur ce sujet dont allons traduire une partie.
Les membres de la commission, constituées de personnes intersexuées,
de médecins, de sociologues, de scientifiques éminents, de
juristes spécialisés en droits de la personne humaine déclarent
que cette "normalisation" est une violation très grave des droits
fondamentaux de l'Homme.
Cette dénonciation
par un organisme officiel est un fait historique.
Ceci étant,
c'est vrai que la plupart des organisations de défense des droits
de l'Homme et de l'Enfant n'ont encore rien fait. Nous pensons que notre
cause sera à terme prise en compte par ces organisations. En attendant,
quelles sont les raisons de cette passivité ? Elles sont multiples
:
- La "normalisation"
des enfants intersexués est encore considérée comme
un traitement médical classique de rectification d'anomalies. De
ce fait, ces organisations ne pouvaient pas s'inquiéter d'un problème
qui relèverait a priori de l'éthique médicale. Il
faut rappeler que les homosexuels étaient aussi, il n'y a pas si
longtemps, considérés comme des anormaux. Des traitements
hormonaux et psychiatriques leur étaient réservés
afin de les "normaliser". Maintenant les lois ont évoluées
et protègent en partie les homosexuels. Puis ont émergés
les transsexuels qui sont devenus à leur tour les victimes de la
"normalisation". Ils ont été considérés jusqu'à
une époque encore très récente comme des "fous" qui
relevaient du traitement psychiatrique. C'est encore un peu le cas dans
les pays européens. Maintenant que homosexuels et transsexuels sont
considérés comme normaux, les organisations des droits humains
interviennent avec énergie en leur faveur. Il en sera de même
pour les intersexués, la société finira par prendre
en compte leur existence et acceptera sous la pression des organisations
d'intersexués que nous soyons reconnus comme "normaux". Ipso facto
les organisations des droits humains suivront pour défendre les
intersexués.
- Les organisations
des droits de l'homme sont ignorantes de l'existence des intersexués
et des "normalisations" subies par les enfants intersexués.
- Ces organisations,
même lorsqu'elles disposeront d'une bonne information (c'est notre
mission) ne pourront réagir rapidement car ces organisations ont
un travail immense. Elles ne peuvent pas tout faire et les atteintes aux
droits de l'Homme dans le Monde sont très nombreuses par ailleurs.
- Les organisations
d'intersexués sont très récentes. La première
est apparue seulement en 1993 aux USA : ISNA
- Désinformés
la plupart des intersexués se croient des anormaux (comme cela été
le cas longtemps pour les homosexuels et les transsexuels). La plupart
des intersexués ne savent pas qu'ils sont nombreux en raison du
secret et des tabous qui imprègnent encore majoritairement la société.
C'est Internet qui permet progressivement aux intersexués de se
retrouver et d'unir leurs efforts avec leurs alliés féministes
pour combattre la désinformation à leur égard.
- La promotion
de la cause des intersexués restera pendant de nombreuses années
un travail de pionniers. Cette promotion représente un enjeu de
société qui dépasse largement les intersexués
car les conséquences de la reconnaissance de l'existence des intersexués
fera progresser les causes féministes et LGBT, déstabilisera
mortellement le dogme de la bi-polarité des sexes, émanation
de la société patriaracale. Ce qui sera un immense progrès
pour l'humanité. En effet, l'histoire et les études des ethnologues
démontrent que moins une société est dominée
par les hommes, plus elle est pacifique. Une société patriarcale
est contre-nature, déviante et génère par conséquent
l'agressivité généralisée comme tout organisme
déséquilibré. Elle affecte tout particulièrement
les "mâle-mâles" humains avec les conséquences que l'on
sait que sont les crimes sexuels et la guerre.
- Les intersexués
ont subi très jeunes un traumatisme très grave qui les paralyse.
Beaucoup ont honte de leur état et n'ont pas la force de s'impliquer
en adhérant dans les toutes nouvelles organisations d'intersexués.
L'urgence
humanitaire à protéger les enfants et adultes intersexués
des persécutions est pour nous la priorité des priorités.
Cette persécution ne pourra cesser que lorsque la société
admettra leur normalité et donc plusieurs sexes. Nous devons changer
la mentalité de la société. Ce n'est pas une mince
affaire après 6000 ans de sociétés patriarcales. Seuls,
c'est mission impossible. Nos alliés naturels sont les féministes
d'avant garde. Aux USA ce sont les revues féministes qui défendent
le mieux la cause des intersexués. Exemple :
http://www.msmagazine.com/oct00/makingthecut.html
Pour ceux qui lisent l'Anglais,
l'article raconte aussi l'histoire de la clitéromanie du monde médical
qui n'a cessé de couper le clitoris des femmes, puis à notre
époque, faute de mieux, s'est rabattu sur les enfants intersexués.
Comme on le voit nos pays dits civilisés sont les champions de l'excision.
Le nombre d'excisions de normalisation dépassent largement les excisions
rituelles d'Afrique.
Page reliée : Contre
toutes les mutilations génitales
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Q5
- Quelles sont les orientations sexuelles des intersexués ?
Ces orientations
sont comme tout le monde si on accepte les critères arbitraires
de la société. Pour les intersexués cette question
a encore moins de sens. Nous sommes tellement habitués à
cette idée reçue qu'il n'y a que deux sexes que si nous essayons
de remettre en question ce dogme nous devons bousculer un grand nombre
d'autres principes.
En raison
de ces principes, la société n'a pas intérêt
à accepter la réalité de l'intersexuation. Depuis
des millénaires cette réalité de l'intersexuation
est cachée. La société a peur de cette réalité
naturelle. En effet cela remet en cause la bi-polarité des sexes
sur laquelle est basée la société comme le mariage,
l'identification des individus, les orientations sexuelles qui ne se classent
que par rapport aux deux sexes officiels. En effet, que peut signifier
l'homosexualité, la bisexualité ou l'hétérosexualité
pour une personne qui dispose à la fois de caractères morphologiques
masculins et féminins? Elle reste hétérosexuelle quelles
que soient ses affinités vers l'un ou l'autre des deux sexes conventionnels.
Pour être homosexuelle, il faudrait qu'elle ait une attirance vers
une personne qui ait exactement la même proportion de féminin/masculin.
C'est à dire exactement du même sexe intermédiaire.
Or il existe une infinité de nuances d'intersexuation (voir
Q2) entre ces deux sexes officiels. Et encore, pour les deux sexes
officiels il y a aussi de nombreuses nuances dans les caractères
sexuels secondaires. Tout le monde remarque qu'il y des femmes plus ou
moins masculines comme des hommes plus ou moins féminins. C'est
aussi de l'intersexuation au niveau des aspects secondaires du sexe. Les
théories
Queer vont dans ce sens. L'existence en tant que telle des intersexués
donne de l'eau au moulin aux théories Queer. Toutefois RIFE
n'a pas vocation d'aborder ces analyses complexes liées au genre
que nous laisserons à nos amis sociologues.
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Q6
- Quelle est la situation actuelle (notamment législative et administrative)
lorsqu'un enfant naît intersexué ? Que peuvent faire les parents
avant l'éventuelle mutilation ? Qu'est-ce qui dépend d'eux
et qu'est-ce qui est imposé ?
1 - Dans la
plupart des pays occidentaux, les parents sont soumis à la pression
d'une commission de médecins. Le sexe choisi pour l'enfant intersexué
par cette commission est le plus souvent le sexe féminin car il
est plus facile de couper que de construire. Dans les pays où il
est plus valorisant que l'enfant soit un garçon, c'est le sexe masculin
qui est choisi. Il n'y aura pas amputation mais des traitements hormonaux
de virilisation seront prescrits.
2 - Les parents
doivent se décider très vite et en général
suivent l'avis de la commission car ils n'ont aucune information sur l'intersexuation.
On les persuade que leur enfant est anormal et qu'il convient de corriger
cette anomalie par la chirurgie et les traitements hormonaux.
3 - Pour les
cas (très rares) où les parents refusent un traitement de
"normalisation", les médecins ne peuvent s'y s'opposer. Les seuls
cas connus de refus sont en faveur des enfants dont un des parents était
médecin. Ref. : Commission des droits humains, Ville de San Francisco,
25 avril 2005.
4 - En attendant
une évolution de la Société, le sexe à déclarer
à l'état civil devrait être le plus proche du bon sens
comme c'était le cas avant 1950. Puis ultérieurement la personne
pourra éventuellement décider vers quel sexe officiel il
se sent plus proche. RIFE pense que le plus logique serait qu'aucun sexe
ne soit déclaré aussi bien pour les intersexués que
pour toute autre personne.
Il est à
noter que la législation dans ce domaine a déjà évolué
dans certains pays comme notamment en Australie.
Exemples
:
-
un enfant avec un pénis (sans méat), un vagin, un utérus,
des ovaires devrait être déclaré de sexe féminin
et sans amputation du pénis et même si son sexe chromosomique
est "masculin". Cette personne devenue adulte pourra être une "femme"
intersexuée fertile. Lors de l'Antiquité, société
très patriarcale, un enfant naissant ainsi était immédiatement
mis à mort. A notre époque, l'avortement est préconisé
s'il y a détection au scanner de cette "anomalie". La mise à
mort se fait avant la naissance. Un progrès n'est-ce pas ?!!
- un enfant
avec un pénis avec un méat situé entre la zone balanique
à la zone périnéale, des testicules descendus ou non,
un vagin devrait être déclaré de sexe masculin.
5 - L'intersexuation
du point de vue légal n'étant pas reconnue comme un état
normal ou anormal, il n'y a aucune loi, aucune législation pour
les enfants et personnes intersexuées. C'est donc l'arbitraire le
plus total qui règne en ce domaine. Toutefois la loi interdit les
mutilations sexuelles ou autres qui ne seraient pas nécessaires
à la préservation de la santé de l'enfant.
Il est à
noter que l'apparence à la naissance n'est pas toujours figée.
Une évolution biologique peut intervenir au cours de la vie vers
une virilisation ou une féminisation. Des ovaires peuvent se transformer
en testicules et inversement des testicules non descendus en ovaires. Ovaires
et testicules restent des gonates susceptibles de se transformer. Ce phénomène
de changement de sexe spontané est très connu pour le monde
animal. C'est ainsi que les poissons (nos très lointains ancètres)
qui disposent comme les mammifères d'une paire de chromosomes XY
ou XX changent de sexe s'il y a un déficit de l'un ou l'autre sexe.
La nature ne manque pas d'imagination. C'est notre société
anti-nature et dogmatique qui en manque.
Voir aussi
:
Conseil
du RIFE aux parents
Haut
Q7
- Quels sont vos atouts pour sensibiliser le monde médical de la
vieille Europe?
Le RIFE
n'a rien contre le monde médical en tant que tel. La médecine
sauve de nombreuses vies et les médecins sont des personnes dévouées
au service de la santé des personnes.
C'est la société totalitaire
qui est responsable du traitement inhumain dont les enfants intersexués
sont l'objet. Le corps médical, en tant qu'élément
de la société n'échappe pas à l'influence culturelle
qui ne veut voir que deux sexes. Il est donc logique que ce corps
médical veuille rectifier ce qui lui paraît des anomalies
conformément à ce qui est enseigné lors des formations
de médecins.
Bien que les intersexués
n'aient rien à voir avec les homosexuels, une comparaison peut être
faite avec ceux-ci. En effet la société considérait
les homosexuels comme relevant de l'anomalie. Le monde médical qui,
comme déjà dit, ne peut être séparé de
l'ambiance générale sociale traitaient l'homosexualité
comme une pathologie par des traitements psychiatriques puis plus tard
à partir de 1950 par des traitement hormonaux de virilisation. Dès
que la société a commencé à trouver normal
l'orientation sexuelle homosexuelle, les médecins ont cessé
ces traitements sur les homosexuels.
D'autres exemples similaires pourraient
être relatés comme notamment la masturbation
des jeunes filles qui était considérée comme une pathologie
relevant de l'hystérie. Le traitement préconisé était
aussi simple que radical : l'excision du clitoris. Notre société
patriarcale misogyne a toujours eu une espèce de pathologie que
nous appellerons par dérision le Syndrome
Obscurantiste Sexiste (SOS) qui se traduit par une frénésie
à vouloir "normaliser" à tout prix tout ce qui relève
des organes sexuels et des moeurs. La guérison
du corps médical pour ce syndrome est donc vouée à
l'échec tant que cette société n'évoluera pas.
Ce sont les organisations féministes
queer
et d'intersexué-e-s, les organismes de défense des droits
de l'homme qui pourront avoir à moyen terme une influence sur la
société et donc sur le corps médical.
Q8
- Est-ce que les intersexués feraient partie de ce que certains
groupes et les médias appellent le troisième sexe ?
Les communautés
identitaires classiques, les médias, sauf la mouvance féministe
queer,
n'échappent pas au conditionnement psychosocial de la bipolarité
des sexes ou tout au moins à une classification par rapport aux
deux sexes conventionnels homme ou femme. Le troisième sexe serait,
selon eux, un nouveau sexe qui se classerait par rapport aux deux sexes
officiels. Ce qui revient à continuer à admettre la bipolarité
des sexes à laquelle serait ajoutée une verrue qui serait
un troisième sexe. Nous restons ainsi
dans un sexisme que RIFE et la plupart des mouvements intersexués
comme l'Organisation Internationale des Intersexué-e-s rejettent
comme étant une ségrégation à l'égard
des personnes intersexuées.
Pas plus qu'il
n'y a deux sexes, il n'y a un troisième, un quatrième, voir
même un cinquième sexe, il y a un spectre en continuum du
très féminin vers le très masculin. Les personnes
très féminines et celles très masculines (nous
nous plaçons seulement sur les aspects morphologiques évidents
et scientifiques pour éviter toute contestation sur des considérations
subjectives et culturelles de ce qu'on appelle les genres)
ne représenteraient que 2% de la population. L'immense
majorité des personnes est donc au sens élargi de condition
intersexuée.
RIFE est
pour une société où tout sexisme serait aboli.
Pas de définition des sexes, pas d'attribution des genres, pas d'assignation
d'un quelconque sexe à l'état civil, pas de classification
des orientations sexuelles. Le RIFE a une
vision pionnière et féministe qui ne voit que des êtres
humains riches de leurs biodiversités et de leurs culturodiversités
à l'image de toute la nature où
l'être humain doit y vivre sans esprit de domination et d'exploitation
égoïste au détriment des générations futures.
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