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Artemia salina

Arthropoda Antennata Crustacea Branchiopoda

Crustacé Phyllopode, sous classe des Branchiopodes, ordre des Anostracés

par Youenn Penlaë
Sommaire

Description
L'Artémia une nourriture très riche en protéines
Mode de vie, conditions de reproduction
Le cyste (œuf) de l'Artémia
Le phytoplancton, nourriture de l'Artémia
Nourritures de substitution pour l'Artémia
Applications de l'Artémia 
Applications futures possibles
Recherches
Recherches actuelles de l'auteur
Procédé pour l'élevage d'Artémia (pour professionnels).
Élevage de l'artémia (aquariophilie)
Demande kit d'élevage Artemia


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Artémies juvéniles, mâle adulte, femelle adulte 
Dans les meilleures conditions de milieu et de nourriture, le stade adulte est obtenu en seulement 6 jours.
Description
L'Artemia est une fascinante créature capable de s'adapter aux milieux de salinité les plus variables. C'est ainsi que par sélection, il semble possible d'acclimater de nouvelles espèces à des eaux presque douces (toutefois alcalines). 
L'artémia salina est un petit crustacé vivant dans les lacs salés, les lagunes, les salines comme par exemple à Guérande en Bretagne du sud. La biomasse qu'il occupe peut atteindre 4g par m3. Son taux de conversion nourriture / augmentation de poids est compris entre 76% et 80%. 
La majorité sexuelle est normalement atteinte en 10 à 20 jours dans la nature. Dans des conditions particulières d'élevage en laboratoire dans un biotope identique à la composition des mers très anciennes (l'Artemia était représentée lors de l'oligocène de l'ère tertiaire) et en le faisant baigner dans une eau saturée de phytoplancton (chlamydomonas donnant eau verte aussi foncée que de l'encre) d'une température de 28 à 31 °C avec de plus ajout de certaines vitamines et aussi certaines matières organiques d'algues benthiques,  la maturité sexuelle peut être obtenue en 5 à 7 jours seulement. L'éclairage intense doit être permanent afin que le milieu soit correctement oxygéné par la photosynthèse du phytoplancton. La taille atteinte est alors de 10 à 12 mm. Sous ces conditions optimisées, la productivité obtenue est de l'ordre de 500g de poids frais / 1000l / jour. Pour une culture en bassin de 15 cm de hauteur, la productivité reste la même au m2 à condition que le milieu se maintienne saturé de phytoplancton d'espèces à forte teneur en protéines (60%). 
En savoir un peu plus

L'artémia une nourriture très riche en protéines
Selon mon expérience personnelle, le goût de l'artémia bouilli est voisin de celui de la crevette ordinaire. En Lybie, on mangeait des artémies et les Indiens d'Amérique du sud en mangeaient aussi associées à des galettes de maïs enrichies de Spirulines (Spirulina Platensis). Ils avaient ainsi une nourriture bien équilibrée en glucides et protéines animales et végétales. 
Composition de l'artémia adulte : 
Protéines 62,78 % 
FAT, éther extract 6,51 % 
Calories / g 5,896

Mode de vie et conditions de reproduction
La maturité sexuelle, après éclosion et selon condition du milieu est observée au bout de 6 à 20 jours. Espérance de vie  dans la nature : 5 à 7 mois 
Temps d'incubation des œufs : 24 h à 72 h selon qualité des œufs séchés (cystes). Tous les cystes d'éclosent pas en même temps. L'embryon reste encore attaché à son œuf 5 à 6 heures. 
Anhydrobiose - Œufs en diapause, flottant à la surface de l'eau sont rejetés sur les berges où ils subissent une dessiccation poussée. Cette dessiccation est nécessaire pour interrompre la diapause. 
Le nauplii est attiré par la lumière mais contrairement à ce qui est dit, l'artémia adulte n'est pas attiré par la lumière. Il aurait même tendance à s'accumuler dans les zones sombres. L'artémia nage sur le dos mais sa nage peut être inversée si la source de lumière vient du bas. Il nage aussi sur le ventre au fond afin de remuer les micro-particules organiques sédimentées et les bactéries qu'il filtre. Ses branchiopodes qui lui servent de nageoires et de branchies ont aussi pour fonction d'agglomérer les particules trop fines comme les bactéries avant de les faire migrer vers sa bouche. 
La température du milieu peut dépasser 35 °c  mais la survie des artémias n'est assurée que si le phytoplancton est abondant et fortement éclairé (production d'oxygène naissant dû à la photosynthèse). 
Le mâle s'accroche à la femelle en permanence. C'est celle-ci qui tire celui-ci en une nage rapide et désordonnée. Il arrive que deux mâles se mettent sur la même femelle. 
Si le milieu est moins favorable (trop forte ou faible salinité, température trop élevée ou trop faible, changement de saison, pollution, manque de nourriture etc..) les femelles pondent des cystes qui devront subir une dessiccation osmotique pour pouvoir éclore parfois plusieurs années plus tard. 
Lorsque le milieu est favorable les femelles sont ovovivipares. On ne connaît pas les conditions exactes du déclenchement de l'ovoviviparité. Les femelles peuvent avoir une fécondité de l'ordre de 50 nauplii par jour. Si, par exemple, la salinité du milieu augmente suite à un assèchement progressif (c'est notamment le cas dans les marais salants, les femelles produisent à nouveau des œufs). D'autres expérimentations indiqueraient que des œufs durables apparaissent même si le milieu est favorable et ceci  au bout de la troisième génération. Par contre, dans un milieu reconstitué s'approchant des mers anciennes de l'ère tertiaire (eaux clonées de gisements de pétrole) la diapause n'apparaît pas sans qu'on sache pourquoi. Il est possible que c'est non seulement le niveau de salinité ou un autre facteur physico-chimique tel que la variation de la composition des sels du milieu qui déclenchent la diapause. Des essais dans un milieu original ont été conduits jusqu'à la 14 ième génération sans qu'apparaisse ce phénomène (1974, Youenn PENLAË).

Le phytoplancton, nourriture de l'artémia
L'élevage intensif des artémias ne peut se faire dans de bonnes conditions de salubrité, de bonne croissance, de non toxicité qu'en nourrissant Artémia avec sa nourriture naturelle la plus adaptée. C'est à dire du phytoplancton vivant. Le phytoplancton est constitué d'algues microscopiques. Certaines espèces de ces micro-algues sont favorables, d'autres ne le sont pas, d'autres encore peuvent être toxiques.
 


Prototype de nutribioréacteur système D pour la fabrication des engrais organiques destinés à la culture du phytoplancton.
Autres nourritures possibles pour l'artémia
D'autres nourritures peuvent être utilisées pour l'élevage. Pratiquement toutes les particules alimentaires peuvent être utilisées à condition que la taille de ces particules soient au dessous de 50 microns. Toutefois il y a risque de pollution bactérienne et donc de forte mortalité. Le milieu doit être très aéré et carbonaté afin de tamponner le pH (7,8 à 9,5). Si le pH descend en dessous de 7,5, c'est le signe d'une forte fermentation bactérienne. Les artémias ne résistent pas à ce pH et surtout au manque d'oxygène. 
  • Levure de bière ou de boulanger : la croissance des artémies est très lente. A forte concentration d'artémies, la mortalité est élevée.
  • Lait en poudre : les larves atteignent rapidement la taille de 1 mm puis la croissance cesse. Le milieu dégage une forte odeur de fromage pour ne pas dire plus ... En réalité les artémias ne se nourrissent pas directement du lait dissout mais des bactéries issues de la fermentation.
  • Algues benthiques rouges telles que Palmaria sp et Porphira umbilicalis donnent de bon résultats selon mes essais, soit 12 jours pour atteindre le stade adulte.
  • Algues benthiques vertes telle que Ulva sp donnent un résultat moyen, soit deux semaines pour atteindre le stade adulte.
  • Sang : je n'ai jamais essayé. Reste théoriquement possible.
  • Phytoplancton marin en poudre : son utilisation est délicate. Ne permet pas à lui seul un élevage intensif pour des non-professionnels. 
  • Phytoplancton liquide (non à base de Spiruline) : vendu dans les boutiques d'aquariophilie. Résultat décevant.
  • Phytoplancton séché à froid constitué de 70 % de spirulines fragmentées et de 30 % de phytoplancton originaire de l'océan pacifique à Hawaii. Ce produit permet un élevage de bon rendement et de qualité s'il est associé au phytoplancton BZH. L'état adulte est obtenu en 8 jours.
  • Spiruline séchée: certaines productions de spirulines d'Amérique du sud et d'Afrique (car non pures) posent problème de toxicité pour Artémia. Les spirulines produites à Hawaii, ne sont pas toxiques et donnent d'excellents résultats. L'apport au bac d'élevage doit être bien dosé sous peine d'une fermentation bactérienne qui peut être mortelle pour les artémias par privation d'oxygène. 
  • Spiruline marine vivante (production du laboratoire de Genève). Les résultats ne sont bons que jusqu'au début du stade adulte. Ensuite, peuvent intervenir de curieux phénomènes capables de détruire à 90 % toute la population adulte.
Jusqu'à 32 essais simultanés peuvent être pilotés dans le laboratoire de Genève pour évaluer l'innocuité de différents produits alimentaires. Ici c'est la poudre de Spiruline de Hawaii qui est testée. L'artémia est très sensible à la moindre trace d'élément toxique (métaux lourds, dioxine, pesticides).  L'artémia est idéal pour des tests préliminaires économiques et simples de tous les produits de l'agriculture biologique.
Applications de l'Artémia
Aquaculture, aquariophilie, études des innocuités (voir ci-dessus) et agents toxiques, isolation de souche de phytoplancton de taille supérieure à 30 microns, alimentation humaine chez de très rares peuplades. 

Applications futures possibles
Alimentation humaine, lutte contre la malnutrition. 
Nourriture associée aux spirulines pour futures bases spatiales (en 2030?) notamment sur la planète Mars qui dispose des ressources nécessaires en eau et sels minéraux pour ces cultures sous dômes transparents. Recyclage de l'air par les spirulines, absorption du gaz carbonique, production d'oxygène. 

Note 1 : 
Le 9 octobre 1997 Artémia Salina a fait son premier vol dans l'espace à bord de la capsule Photo lancée depuis le cosmodrome de Plessetsk à 650 km de Moscou dans le cadre d'expériences de biologie spatiale.

Recherches
Sélection d'espèces. Études des mutations, une nouvelle génération pouvant être obtenue en 6 à 7 jours (expérience de l'auteur). 
Il serait notamment intéressant de sélectionner des espèces plus grosses et/ou s'adaptant à l'eau presque douce. Des essais ont été conduits dans de l'eau à 2g /l de salinité mais la mortalité était voisine de 80%. Toutefois le stade adulte a été atteint malgré tout. Il n'a pas été observé de reproduction. Un espoir demeure de sélectionner par de très nombreux essais une nouvelle espèce d'eau douce. 

De rares fois, en milieu optimisé, quelques artémias femelles atteignant 18 mm à 20 mm de long ont été observées. Toutefois cette taille n'est atteinte qu'au bout d'une croissance de plusieurs mois. Il n'a pas été possible d'arriver à stabiliser une génération d'artémias de cette taille faute de suffisamment d'individus obtenus pour arriver à fixer le facteur génétique mutant. 

Une recherche intéressante serait l'étude de l'Artemia pour comparer les gènes des espèces Artémia spécifiquement parthénogénétiques à celles des espèces se reproduisant en mode sexué. L'application serait de déterminer le facteur génétique de la parthénogenèse chez Artemia à des fins d'extrapolation sur le clonage parthénogénétique à usage thérapeutique. Toutefois je doute qu'il y ait des espèces exclusivement parthénogénétiques car l'hybridation est possible entre espèces parthénogénétiques et celles bisexuées (Mes essais conduits en 1974 et reconfirmés en 2004 suite à une discussion avec un naturaliste expert en crustacés branchiopodes). 

Recherches actuelles de l'auteur :

  • Mise au point de la culture d'une nouvelle souche de cyanobactérie en eau de mer naturelle dans le cadre du développement durable et de la lutte contre la malnutrition enfantine dans les pays en cours d'émergement.
  • Ostréiculture : procédé de culture de la navicule bleue ( Halea-ostrearia ), culture réputée comme très difficile.
  • Mise au point d'un distillateur solaire d'eau de mer destiné à une production artisanale pour les pays chauds en bordure de mer, d'eau saumâtre ou insalubre et dont les ressources en eau potable sont rares. En effet le dessalement de l'eau de mer et celui des eaux saumâtres constitue depuis plusieurs décennies la solution à la pénurie d'eau dans de nombreuses parties du monde. Cependant, le coût de dessalement à base de combustibles fossiles ou du nucléaire demeure encore trop élevé et ne peut être supporté par les pays en voie d'émergement. Seul le distillateur solaire utilisé à échelle non-industrielle, sans technologie sophistiquée pourrait être simplement et rapidement mis en œuvre pour les besoins en eau potable de villages ou de familles.
Ces recherches sont financées par l'ONG Bretagne Solidarité Internationale basée à Genève, capitale des actions humanitaires, des droits de la personne et des peuples opprimés. 

En tant que Breton, je remercie la Suisse de m'accueillir, pays ouvert, respectueux autrement qu'en paroles des communautés culturelles (En Suisse, il y a quatre langues officielles). La Suisse est vraiment ma patrie d'adoption et tout particulièrement la Genève internationale faite de 38 % d'étrangers et qui conserve pourtant sa fascinante identité. 

Les peuples des montagnes et de la mer sont faits pour s'entendre, se comprendre et réussir ensemble pour le bien de l'humanité. 

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Page modifiée le  03.03.05