Découvrir le phytoplancton BZH pour Artémia
| Ce sont les conditions physico-chimiques de la récolte dans
la nature d'une souche de phytoplancton qui vont permettre de sélectionner
la "soupe verte" favorable à l'élevage d'Artémia
Salina.
En été, en Bretagne, recherchez les excavations de rochers, là où la mer ne monte pas assez haut mais où elle a pu rejeter lors de la précédente tempête à la fois de l'eau de mer et des fragments de goémon. Dans ces mares, la salinité a fortement augmentée. Le goémon rejeté s'est décomposé en partie. L'eau est stagnante et la température dans la mare peut dépasser les trente degrés celsius. C'est justement le type de phytoplancton apporté par les courants marins d'origines tropicales qui va être sélectionné par ce milieu. Il y a en réalité différentes espèces dont les tailles varient de 4 microns à 30 microns. Ce type de phytoplancton est très favorable à l'artémia de son stade de nauplius à l'état adulte en raison de la variété des espèces phytoplanctoniques dont la majorité sont des cyanobactéries de 5 à 10 microns. L'eau dans l'excavation doit être d'un vert-bleu intense (couleur glaz en langue bretonne) et opaque comme une soupe. Dans un premier temps et sur le site, l'eau est filtrée sur papier filtre (filtre à café Melitta Corsé) afin d'éliminer les animalcules et les autres espèces planctoniques de grosses tailles. Selon mon expérience, les meilleurs sites pour trouver ce type de phytoplancton se trouvent en Bretagne entre Audierne et la pointe du Raz. Une fois qu'un échantillon de ce phytoplancton a été récupéré, il faut isoler la souche. C'est une opération longue et difficile. Elle implique du savoir faire et des moyens techniques appropriés comme notamment un microscope. La souche recueillie est mise en culture. Régulièrement des extraits de cette souche sont dilués pour obtenir un nombre de cellules très faible par ml. Une centaine de gouttes extraites de ces dilutions sont repiquées et mises en culture dans des tubes à essai. Au bout de beaucoup d'essais un petit nombre d'incubations donneront une souche isolée d'une espèce de cyanobactérie non encore répertoriée à ma connaissance et que j'ai baptisé pour ce site Phyto-BZH (des milliers d'espèces marines de phytoplancton restent encore inconnues). Le problème ensuite est de cultiver cette souche isolée de phytoplancton dans des récipients d'eau de mer fertilisée. Utiliser des engrais classiques pour plantes est rarement approprié. Il faut les nutriments adaptés et dans des proportions optimisées pour maintenir la souche très longtemps à disposition et nourrir ainsi dans d'excellentes conditions les artémias.
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