Résumé
Description des essais
Le protocole expérimental
Résultats
Conclusion
RESUME
Pour disposer d'huîtres destinées
à des expérimentations en laboratoire et pour l'enseignement,
il a été étudié un protocole de maintenance
d'huîtres creuses japonaises (Crassostrea gigas). L'objectif
est de maintenir des sujets d'expérimentation pendant plusieurs
mois dans des bacs de faible volume et avec un minimum de manipulations
et d'équipements. L'artemia adulte mâle a été
utilisé comme biodétecteur de la qualité du milieu.
Les huîtres peuvent être maintenues viables pendant plusieurs
mois dans des bacs fortement aérés, éclairés,
sans filtration et en eau chargée de phytoplancton en phase de croissance.
Deux huîtres au maximum pour 15 litres d'eau ainsi qu'un changement
de 1/3 du milieu tous les 15 jours paraissent appropriés après
des tests avec 10 bacs.
MOTS CLES
Huîtres d'expérimentation,
crassostrea, ostreiculture, biodétecteur, artemia,
DESCRIPTION DES ESSAIS
Au début de l'essai, une
centaine d'huîtres creuses, de qualité fines de claires,
non dégorgées, sont installées dans deux bacs de 150
litres d'eau de mer naturelle. L'eau des bacs est fortement filtrée
et aérée en permanence. Les huîtres sont en observation
et en dégorgeage pendant 24 heures. Au bout de ce délai préliminaire,
les huîtres viables sont réparties dans 10 bacs de 15 litres
d'eau de mer naturelle neuve bouillie et filtrée.
Auparavant, avait été
mis en culture un échantillon d'eau de mer du bassin d'affinage
d'un ostréiculteur de La Rochelle (France) pour disposer du fourrage
de micro-algues destiné à la nourriture des huîtres.
Aucun travail d'isolation des algues n'a été réalisé.
Toutefois, un filtrage sur filtre de porosité de 20 µm a été
effectué pour éliminer le plancton de grosse taille non compatible
aux besoins alimentaires des huîtres.
Chaque bac d'essai a les caractéristiques
communes suivantes :
-
eau de mer naturelle de salinité
37 ppt, puis à chaque changement partiel du milieu remplacement
de l'eau de mer initiale naturelle par de l'eau de mer artificielle de
marque "Reef crystals" fabriquée avec de l'eau osmosée bouillie.
-
bac transparent, dimensions 39 x 31
x 18 cm, hauteur d'eau 13 cm, volume utile 15 litres (voir
photo)
-
deux diffuseurs d'air placés
à deux coins opposés pour obtenir un effet de brassage par
gazo-syphon et d'aération. Débit d'air de chaque diffuseur
: 190 l/h
-
couvercle en verre sur lequel est placée
une lampe fluorescente circulaire avec réflecteur, de 24 w, éclairant
les bacs 12h/24
-
quatre grosses coquilles d'huîtres
vieillies en plein air plusieurs années et donc poreuses. Ceci pour
tamponner le pH et apporter aux huîtres le calcium nécessaire
à la croissance de leurs coquilles.
-
un ensemencement de la culture de phytoplancton
donnant une distance Secchi-spoon de 20 cm initiale. Cette mesure est réalisée
par une cuillère plastique en noir et blanc maintenue à la
verticale par une bague coulissant sur un tube gradué posé
sur chaque extrémité du haut du bac et au milieu (voir
photo). Lors de la mesure, la lampe fluorescente est mise contre une
paroi parallèle au tube gradué.
-
température de 20 °C à
28°C, selon la température du local et la source de chaleur
due à la lampe fluorescente.
-
pas de filtration
-
compensation quotidienne de l'évaporation
par eau osmosée bouillie
-
10 artemias adultes mâles dans
un becher PET transparent au fond découpé et obturé
par une toile de moustiquaire en fibre de verre (voir
photo). Le becher est accroché à l'intérieur du
bac sur un côté. Les artemias sont mâles pour éviter
un envahissement du bac par des nauplius. Les artemias servent de sentinelles
biologiques de dégradation du milieu. En effet différents
auteurs et moi-même ont démontré cette sensibilité
des artemias au milieu dégradé, plus particulièrement
les mâles adultes.
LE PROTOCOLE EXPERIMENTAL
Il a été simplifié
au maximum de telle manière à ne prendre en compte que des
éléments simples et donc peu coûteux en matériel
et en temps de travail.
Cahier des charges :
-
Pas de filtration
-
Changement partiel de 1/3 de l'eau pas
avant 15 jours
-
Curetage du fond des bacs après
le changement partiel du milieu
-
Remplacement progressif de l'eau de
mer naturelle par de l'eau de mer artificielle lors de chaque renouvellement
de l'eau
-
Observations et mesures simples par
un opérateur non spécialiste
-
Compensation quotidienne de l'évaporation
par de l'eau osmosée bouillie
Mesures quotidiennes et observations
déclenchant la décision d'arrêter l'essai d'un bac
ou d'intervenir :
-
comportement anormal des huîtres
(tel que bâillement exagéré et durable)
-
mortalité d'une ou plusieurs
huîtres
-
comportement des artemias : mortalité,
queue repliée fortement vers la partie dorsale, et/ou nage lente,
et/ou points noirs sur le thorax et les branchiopodes, et/ou coloration
rouge vif (manque d'oxygène)
-
pH inférieur à 8,2 ou
supérieur à 8,7
-
formation d'écume permanente
-
Si distance de transparence mesurée
par Secchi spoon supérieure à 20 cm : apport de culture de
phyto plancton (critère non négatif)
-
Si distance de transparence mesurée
par Secchi spoon inférieure à 8 cm et avec aucun autre critère
négatif d'observé : changement 1/3 de l'eau sans arrêt
de la manip.
RESULTATS
Il n'a pas été nécessaire
d'effectuer de nouveaux apports de phytoplancton par bacs. La concentration
en phytoplancton tendant toujours à augmenter pour atteindre 8,5
cm à la Secchi spoon au bout de deux semaines.
La mortalité d'huîtres
a été constatée lors des circonstances suivantes
:
- soit pH inférieur à
8,1
- comportement anormal des artemias,
notamment queues repliées
- formation d'écume concomitante
à un abaissement du pH
Le pH n'a jamais dépassé
8,6 dans aucun des bacs.
Une forte concentration d'eau verte
jusqu'à 5 cm de Secchi n'a pas occasionné de mortalité
lorsque les autres critères étaient conformes au protocole.
Une population d'huîtres de
plus de trois individus a déclenché une diminution du pH
et de la formation d'écume. Des mortalités ont alors été
observées.
Lorsque la population était
de plus cinq individus, il a été impossible de maintenir
en vie les huîtres plus de 6 jours.
Seuls les bacs comportant jusqu'à
deux individus ont permis une absence de mortalité et le maintien
en bonne santé des huîtres sur une période constatée
à ce jour de trois mois. Il a été jugé nécessaire
de renouveler partiellement le milieu à raison de 5 litres pour
15 litres tous les 15 jours. C'est essentiellement, le comportement des
artemias, le début de formation d'écume qui ont permis de
dominer la maintenance des huîtres.
A été choisie la méthode
de convergence par dichotomie en faisant varier le nombre d'huître
par moitié entre cinq paires de bacs (bacs doublés pour réduire
la probabilité d'une observation erronée). Ce qui fait 10
bacs pour 76 huîtres en test.
Après trois mois, le bilan
des observations est :
20 huîtres: mortalité
constatée au bout de quelques heures, pH = 7,8 - 4/10 artemias morts
- Essai terminé
10 huîtres : Au bout de deux
jours mortalitée constatées dans un bac, affaiblissement
manifeste des huîtres dans l'autre bac - Essai terminé
5 huîtres : critère
négatif constaté au bout de 4 jours : 2/10 artemias morts
- Essai terminé
2 huîtres : au bout de 15
jours pas de critère négatif de constaté - Maintien
de l'essai et renouvellement 1/3 du milieu, curetage du fond du bac.
3 huîtres : deux critères
négatifs de constaté : écume au bout de 7 jours, artemias
nage lente - Essai terminé
2 huîtres : confirmation par
maintien de l'essai
1 huître : Apparition de trois
critères négatifs au bout de 22 jours : légère
formation d'écume durable, pH = 8,0, artemias à nage lente
(Il faut présenter les artemias à la lumière pour
stimuler une nage rapide).
CONCLUSION
Si avec une seule huître creuse
japonaise, un critère négatif était apparu avant 15
jours, il aurait fallu faire des essais supplémentaires avec des
récipients plus grands. Pour choisir le volume des bacs, il avait
été estimé que pour une huître creuse à
la capacité de filtration de 150 litres par jour, un bac de 15 litres
devait suffire. On peut extrapoler que pour la maintenance d'huîtres
perlières dont les aptitudes de filtration sont de l'ordre de 1500
l/j, les bacs devraient avoir une contenance de 150 l pour une à
deux huîtres et la concentration en phytoplancton devrait être
10 fois moins importante pour éviter un gavage.
Pour Crassostrea gigas la
maintenance est assurée très simplement et avec un matériel
peu onéreux en appliquant les conditions suivantes :
-
Renouvellement du milieu 1/3 tous
les 15 jours, curetage du fond du bac
-
Eau de mer naturelle initiale, puis
eau de mer artificielle, de préférence "Reef Crystals"
-
Coquilles d'huîtres vieillies
aux intempéries (friables et poreuses)
-
Compensation quotidienne de l'évaporation
par eau osmosée bouillie
-
2 huîtres maximum pour 15 litres,
de préférence une huître
-
pH entre 8.1 à 8.4, de préférence
: 8,3
-
température 18 à 28°C,
de préférence 19 °C
-
forte aération (360 litres/h)
-
Pas d'écume durable, même
légère
-
Pas de comportement anormal des artemias
sentinelles
-
Eau "verte" translucide : Secchi
spoon (10 à 20 cm)
-
Pas de filtration
-
Eclairage fort 12/24h sur bac de
17 cm de hauteur, 13 cm utile
Youenn Penlaë, 4 septembre
2004, maintenance d'huîtres d'expérimentation, Internet http://www.webglaz.ch/artemias/huitre-artemia.html
La Secchi-spoon permet de
mesurer la transparence de l'eau du bac par une mesure à l'horizontale.
C'est une variante du Secchi-disk
utilisé
en océanographie et pour les lacs pour des mesures verticales de
la transparence de l'eau.
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Bac transparent de 15 litres,
lampe circulaire fluo et réflecteur, aération, thermomètre.
Mise en oeuvre simple et
peu onéreuse pour huîtres en attente d'expérimentation.
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Bechers pour artemias, sentinelles
de la qualité de l'eau du bac à huîtres
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Copyright © 2004 Youenn Penlaë, dernière
mise à jour le 20.09.04 22:51 GMT |